Synthèse de la presse du lundi 8 février 2010
Les thèmes de la presse synthétisés ci-après :
Les élections régionales (24 articles et 1 éditorial)
La crise de la dette en Europe (17 articles et 2 éditoriaux)
Le séminaire gouvernemental sur l’identité (10 articles et 1 éditorial)
8 février 2010
A la Une des quotidiens
Etats-Unis : le débat sur la sortie de crise prend de l’ampleur (Le Monde), Nucléaire L’Iran joue avec les nerfs des Occidentaux (Le Figaro), La gauche, une spécialité régionale (Libération), Le stress du trajet domicile-travail (Le Parisien), Les petites combines pour vivre moins cher (France Soir), Hausse des salaires : ce que préparent les entreprises (Les Echos), Un Etat peut-il faire faillite ? (La Tribune), Des Français d’ailleurs parlent de l’identité (La Croix), Réquisition des logements vides Les Français disent oui (L’Humanité).
Les thèmes de la presse
Les élections régionales
« La gauche gagnante en mars, les Français y croient » Libération. D’après le sondage Viavoice-« Libération », l’opinion prévoit la victoire de l’opposition aux régionales. Mais pas la défaite de la droite à la présidentielle de 2012. Le quotidien analyse « A un peu plus d’un mois du premier tour des régionales, 60% des Français souhaitent que la gauche l’emporte dans leur région. Et ils ne sont que 33% à espérer le contraire. Quand à la course à l’Elysée, ils sont 54% à vouloir que la gauche la gagne, contre 39% pour la droite. elle confirme le « discrédit croissant de l’exécutif », selon François Miquet-Marty, directeur de Viavoice. Et la sacrée soirée de Sarkozy sur TF1, le 25 janvier, n’a rien changé : le Président perd 4 points en un mois et chute à 40% d’opinions positives. Il s’attire même jusqu’à 58% d’opinions négatives et frôle sa pire cote (37% d’opinions positives en mars 2008). François Fillon, plus épargné, baisse néanmoins de 3 points, à 51% d’opinion positives. Autant d’indices qui autorisent la gauche, le PS en particulier, à voir la France « toute rose » le 21 mars. Avec un bémol d’importance. Selon François Miquet-Marty : un « déficit persistant de crédibilité présidentielle ». En clair : les Français souhaitent qu’elle s’installe à l’Elysée mais n’accordent guère de crédit à l’hypothèse. Ils ne sont que 36% à estimer que la gauche « gagnerait une présidentielle si cette élection avait lieu aujourd’hui », contre 56%. Qui pour incarner cette crédibilité élyséenne ? Eloignés du marigot socialiste, Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë font la course en tête, respectivement à 61% et 60% d’opinions positives. Martine Aubry suit. »
Paul Quinio constate « De quoi profite le PS ? Du bon bilan de ses présidents sortants ; de l’accalmie des querelles de personnes ; du travail souterrain accompli par Martine Aubry qui a permis d’installer l’idée que le PS s’est remis au travail. Mais la gauche doit surtout ce « frétillement » aux prolongations sociales d’une crise financière que le gouvernement s’est trop tôt, trop fort, vanté d’avoir matée. Il flotte dans le pays un sentiment d’injustice qui ne profite ni à la mobilisation syndicale ni à la gauche radicale. L’angoisse individuelle paralyse la première. L’ampleur de la crise discrédite les solutions miracles de la seconde. L’électeur s’en remet donc à la gauche dite de gouvernement, mais avec modération. C’est l’autre enseignement de notre sondage : les espoirs de victoire pour la gauche à la prochaine présidentielle sont forts, mais les doutes qu’elle y parvienne le sont tout autant. »
« Pascal Perrineau : « La campagne paraît marginale et intimiste » » Le Figaro. Le chercheur du Cevipof juge que les régionales de 2010 ne devraient pas déroger au cycle abstentionniste qui frappe les élections depuis une vingtaine d’années. Il remarque « Deux Français sur trois ne font confiance ni à la droite ni à la gauche pour résoudre les problèmes. L’intérêt du combat électoral devient donc peu perceptible. En outre, le spectacle des divisions à gauche et à droite est fort peu mobilisateur. De plus, la région est fort mal connue dans ses fonctions et dans son incarnation. Pour l’instant, la droite semble plus souffrir de cette abstention. Ce qui est un phénomène classique dans le cadre d’une élection intermédiaire.
« Sondage : pour les régionales, le recul des Verts profite au PS » Le Figaro. Les listes socialistes auraient 17 points d’avance sur les listes écologistes, selon le baromètre OpinionWay-Le Figaro-LCI. Le quotidien constate « Pour les Verts, c’est la cote d’alerte. Ils espéraient tenir la dragée haute au PS le 14 mars, les voilà revenus à leur rôle de force d’appoint de la gauche. Les listes des amis de Cécile Duflot et de Daniel Cohn-Bendit reculent de quatre points par rapport à la dernière enquête, réalisée il y a deux mois. À gauche, c’est donc comme si la parenthèse des européennes se refermait. Un score national de 10 % leur laisse au contraire craindre de ne pas être en mesure de se maintenir au second tour. La difficulté pour les Verts est désormais d’échapper à la spirale infernale pour eux du « vote utile ». Avec 30 % des intentions de vote, l’UMP et ses alliés centristes ou villiéristes restent stables d’une enquête à l’autre. Un niveau insuffisant cependant pour espérer reconquérir beaucoup de régions, puisque l’UMP reste privée de réserves de voix. Le MoDem enfin confirme qu’il a du mal à exister dans cette compétition régionale, autrefois scrutin favorable à l’UDF. En recul de deux points, le parti de François Bayrou se rapproche du seuil des 5 % en deçà duquel il ne pourra même pas fusionner ses listes. »
« L’horizon voilé du NPA aux régionales » Libération. Après la polémique sur la candidate portant le voile, le parti de Besancenot est à la peine. Le quotidien realte « « Rien lâcher, tout changer… » Avec ce slogan, Olivier Besancenot, tête de liste du NPA en mars en Ile-de-France, a lancé hier sa campagne. Avec sa proposition phare de transports gratuits pour tout le monde placardée. Pour cette campagne, Besancenot veut mobiliser les abstentionnistes, notamment dans les « quartiers populaires ». Avec cette stratégie, doublée de la candidature en Paca d’une jeune femme voilée, il risque d’alimenter les attaques portées ces derniers jours par les responsables politiques de tous bords. Pour l’instant, quelques journalistes en plus et des points en moins dans les sondages : selon l’enquête Viavoice pour Libération, réalisée en plein emballement sur la candidate voilée, la popularité de l’ex-candidat à l’Elysée tombe à 43% d’opinions positives, soit - 4 points par rapport à janvier (1). Un an après sa naissance, le NPA voit éclater au grand jour un nouveau débat en son sein, laissé en suspens lors du congrès de fondation. Ce voile venant troubler des militants attachés aux valeurs laïques et féministes. »
Dans Le Monde, Roland Cayrol commente les résultats du baromètre TNS-Sofres/Logica - réalisé du 29 janvier au 1er février auprès de 1 000 personnes -, publiés samedi 6 février dans Le Figaro Magazine. La cote de confiance du président y atteint 31 %, soit son plus bas niveau depuis mai 2007. Il observe « Quand on veut réformer un pays, ce n’est pas forcément excellent de n’avoir le soutien actif que de son propre coeur de cible politique, l’électorat UMP, ainsi que des inactifs et des retraités. Pour changer un pays, le mettre en mouvement, il convient que les catégories les plus actives soutiennent l’action gouvernementale. Je ne sais pas si le président ne comprend pas l’attente de l’opinion ou s’il a décidé de ne pas la satisfaire pour le moment. Mais il s’est contenté d’expliquer chacune des réformes, sans faire de lien entre elles. Il faut que Nicolas Sarkozy s’habitue à gouverner avec une minorité de l’opinion. Cela va probablement durer. Le seul avantage qu’il a est que, si on demande aux gens si l’opposition ferait mieux à sa place, la réponse est clairement non. On observe une protestation tristounette, un climat d’attente résignée. Il n’y a pas de croyance dans les acteurs de l’extrême gauche ou de l’extrême droite. Tout indique que l’on n’est pas dans une période de mobilisation sociale. L’opinion a déjà intériorisé la nécessité de réformes qui ne lui font pas plaisir. Ainsi celle des retraites semble-t-elle faire l’objet d’une sorte de consensus social mou. »
La crise de la dette en Europe
« La zone euro prise dans un étau » La Tribune. Les attaques spéculatives fragilisent les maillons faibles de la région et font baisser l’euro. Face à cette crise de confiance, les opérateurs de marchés attendent une réponse du sommet européen des chefs d’État jeudi prochain. Sophie Ghérardi avertit « Il faut se méfier du terme faillite. Un État ne meurt jamais, en tout cas pas de plaie d’argent. C’est pour cela qu’on parle de risque souverain s’agissant des obligations d’État. Même une minuscule structure étatique est plus invulnérable qu’un géant du business comme General Motors. En 1982, le Mexique a fait défaut sur sa dette extérieure, suivi d’autres pays du Sud : le FMI et les pays créanciers se sont alors organisés pour restructurer la dette et l’étaler. Ils ont même donné de l’argent aux États endettés pour qu’ils continuent à rembourser. Au passage, ils leur ont imposé leur manière de voir l’économie, ce qu’on a appelé le consensus de Washington : il fallait privatiser à tout-va et équilibrer les balances des paiements en réduisant la consommation intérieure. Certains peuples l’ont payé d’une véritable régression sociale. Le défaut souverain n’est pas mortel, mais il ne reste pas impuni. »
« Crise de la dette : les Européens prennent le risque de gérer, seuls, le cas grec » Les Echos. Les pays européens du G7 ont confirmé durant le week-end qu’ils souhaitent gérer seuls la crise de confiance dans la dette de plusieurs pays de la zone euro et qu’ils refusent l’intervention du FMI. Toute la question est de savoir si les marchés seront rassurés par ces prises de position. Le quotidien rapporte ces propos de Jean-Claude Juncker « Nous avons dit à nos partenaires que nous devions régler nous-même le problème, sans l’aide du FMI » Jean-Claude Trichet, le président de la BCE s’est dit, quant à lui, « confiant dans la capacité de la Grèce à prendre toutes les décisions nécessaires » pour ramener son déficit de 12,7 % du PIB aux 3 % autorisés par le pacte de stabilité en 2012. Le ministre allemand des Finances a été on ne peut plus clair à ce sujet : « La Grèce doit comprendre que, quand on viole les règles pendant trop longtemps, on doit payer un jour le prix fort. » Autrement dit, si les dirigeants européens croisent les doigts pour que le plan grec porte ses fruits, ils ne proposent aucun soutien financier à Athènes si celui-ci venait à échouer.
Nicolas Barré souligne « Cette fois, nous y sommes. Onze ans après sa création, la zone euro subit un test majeur, de survie pourrait-on dire, puisque l’un de ses membres - la Grèce aujourd’hui, le Portugal, l’Espagne ou un autre peut-être demain -risque d’être privé d’accès au marché des capitaux. Si un Etat de l’union monétaire ne peut plus honorer sa dette, ceux qui partagent la même monnaie doivent-ils se porter à son secours ? Il est politiquement correct de répondre par l’affirmative. Cette posture se veut forte : ne cédons pas au diktat des marchés ! La réalité est différente. Les marchés ne représentent rien d’autre que l’internationale des épargnants. Elle préfère la dette allemande à la dette française, la française à l’italienne, l’italienne à l’espagnole et ainsi de suite. L’appartenance d’un Etat à la zone euro, les peuples européens l’ont voulu ainsi par traité, ne saurait constituer une assurance contre le risque de défaut. L’Europe ne se grandirait pas en violant les traités pour éviter une intervention du FMI. A l’évidence, le Fonds est mieux placé que Bruxelles pour imposer les mesures d’austérité que la Grèce aurait dû prendre depuis longtemps au titre d’un Pacte de stabilité qu’elle n’a jamais respecté. »
Le séminaire sur l’identité
Le débat sur l’identité nationale n’est plus de saison
« Le débat sur l’identité nationale n’est plus de saison » La Tribune. François Fillon préside ce lundi un séminaire gouvernemental « d’étape » sur l’identité nationale, pour enterrer provisoirement un débat controversé.
« Fillon recadre le débat » Le Parisien. Trois mois après le début du débat lancé par Eric Besson, François Fillon convoque aujourd’hui en séminaire son gouvernement pour faire émerger des idées concrètes. Le quotidien observe « Oublié le grand colloque, prévu initialement le 4 février, pour clôturer en présence du chef de l’Etat ces trois mois de discussions. Aujourd’hui, l’objectif de l’Elysée est clair : à cinq semaines des régionales, il faut déminer LE sujet qui empoisonne la campagne à l’UMP. Aujourd’hui à Matignon, François Fillon devrait donc annoncer une série de premières mesures issues de la consultation populaire et de ce séminaire avec les membres de son gouvernement. Selon un document de travail qui a circulé dans les ministères pendant le week-end, il devrait ainsi retenir une proposition de Martin Hirsch de créer une formation citoyenne au début du service civique, celle de Nadine Morano de proposer aux parents qui le veulent des cours d’éducation citoyenne à l’école pour les aider à mieux transmettre ces valeurs à leurs enfants, ou encore celle, issue du débat, de créer un serment citoyen signé par tous les étrangers qui accèdent à la nationalité française. »
« Les conditions du débat » La Croix. François Ernewein relève « Après trois mois de solides réticences et de sérieux dérapages, mieux valait arrêter les débats et les dégâts. Et malgré tous les dénis ou les promesses pour après les régionales, il y a fort à parier que cette discussion, dans les termes imaginés par le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, sera close pour un moment. Comment alors reprendre le fil de cette conversation nécessaire ? D’abord, il faudrait bien sûr en changer les termes. En acceptant par exemple de ne pas réduire l’identité à une nostalgie (celle d’une « France éternelle »), mais chercher vraiment ce qui rassemble aujourd’hui les Français dans leur diversité d’origines, de croyances et d’appartenances. Les grands chantiers de l’identité nationale sont d’abord l’intégration par le recul des discriminations… Ré-engager ce débat serait aussi commencer à admettre que les questions ne se résument pas à l’accueil et au statut des migrants. »
La réunion du G7 Finances (8 articles)
La présidentielle ukrainienne (5 articles)
Le nucléaire iranien (4 articles et 1 éditorial)
La réunion sur les chômeurs en fin de droits (4 articles)
L’emploi aux Etats-Unis, les difficultés de Toyota, le sommet de New Delhi sur le climat (3 articles)
Le rapport sur l’implantation des entreprises en France (2 articles et 1 éditorial)
La conférence de l’Otan, la convention nationale du Tea Party, les salaires en 2010, la réforme de la garde à vue (2 articles).


