Réforme territoriale : UNION DES MAIRES EN COLÈRE à Marseille - A quand un mouvement des maires Haut-Alpins ?
Réforme des collectivités territoriales. Large rassemblement d’élus du département des Bouches du Rhône devant la préfecture. Ensemble, ils ont dénoncé le projet du gouvernement.
29 janvier 2010
Devant la préfecture, une foule tricolore se serre dans le froid. Les élus de la République ont décidé en ce jeudi matin, d’aller dire non en face, au préfet de région. L’objet de leur fronde : la réforme des collectivités territoriale voulue par le gouvernement. Pour les maires, leurs adjoints mais aussi les conseillers généraux et régionaux présents, l’adoption du projet signerait la fin des communes et marquerait un véritable recul pour la démocratie locale. Parmi les mécontents un très fort contingent communiste : la quasi-totalité des maires, les deux présidents de communautés de communes, la sénatrice Isabelle Pasquet, le président de groupe au Conseil général Jean-Marc Charrier, son homologue à la région, Jean-Marc Coppola étaient sur le pont. Mais aussi, malgré l’absence remarquée de Michel Vauzelle, de nombreuses personnalités socialistes sont venues dire leur colère. Parmi lesquelles, on peut citer Frédéric Vigouroux maire de Miramas, René Raimondi de Fos-sur-Mer ou encore Rolland Povinelli sénateur maire d’Allauch. Signe de l’ampleur du mécontentement, des maires sans étiquette comme Serge Perrotino de Cadolive et même UMP, à l’image de Claude Piccirillo, se sont joints activement au rassemblement de protestation.
7 000 signatures pour dire non
Une délégation de maires, emmenée par Roger Meï (PCF), Rolland Povinelli (PS) et Serge Perrotino (SE), à l’origine de la fronde s’engouffre dans la Préfecture pour y déposer une pétition contre le projet, forte de 7 000 signatures d’élus et de citoyens du département. À la sortie de l’entrevue, André Molino, maire PCF de Septèmes-les-Vallons représentant l’Union des Maires des Bouches-du-Rhône confie : « Nos concitoyens ne veulent pas que les communes deviennent des coquilles vides. Avec la mobilisation les choses peuvent bouger, pour la suppression de la taxe professionnelle une révision du projet devrait par exemple intervenir en juin ». Après les prises de paroles très applaudies des délégués, certains maires font savoir leur détermination : « s’il le faut nous fermerons les mairies » affirment-ils à qui veut l’entendre. D’autres comme Daniel Fontaine, maire communiste d’Aubagne, proposent d’organiser dès maintenant un référendum populaire dans leur commune. D’autres enfin rappèlent la complexité du projet qui tend également à fusionner la fonction de conseiller général et régional et intervient au même moment que la suppression de la taxe professionnelle, sombre nouvelle pour les finances locales. Autant de raisons de colère pour ces élus qui comptent bien ne pas en rester là .
LÉO PURGUETTE Journal "la Marseillaise" du 29 janvier 2010
Sur le vif
Roger Meï, maire (PCF) de Gardanne : « Nous disons non à la disparition des communes. Nous demandons à être très rapidement reçus à Paris, l’arrêt de l’examen du projet de loi par le Sénat et l’organisation d’un référendum »
Rolland Povinelli, sénateur-maire (PS) d’Allauch : « On ne se laissera pas égorger sans rien dire. Non à la disparition des communes, non à la recentralisation ! Et dire que N. Sarkozy déclarait avant son élection que lui vivant, on ne toucherait pas aux communes. Aujourd’hui c’est lui qui veut nous planter le couteau entre les épaules ! On est déterminé à aller jusqu’au bout : on fermera les mairies s’il le faut ! »
Serge Perottino, maire (SE) de Cadolive : « La pétition remporte un large succès. Nous venons de déposer 7 000 signatures en préfecture. Nous ne sommes pas contre une réforme de progrès de la démocratie locale, mais nous sommes résolus à fédérer la contestation qui pousse dans tous les départements pour mettre en échec ce projet de régression »
Gaby Charroux, maire et conseiller général (PCF) de Martigues : « Le projet de réforme des collectivités intervient en même temps que celui de suppression de la Taxe Professionnelle (TP). Ce sont les deux faces d’une attaque globale contre la population et ses représentants. À Martigues, la simple progression des recettes de la TP chaque année représente le prix d’une crèche ! Ces deux réformes visent à nous priver de toute marge de manÅ“uvre politique et financière.
Claude Piccirillo, maire UMP de St Victoret : « C’est la première fois de ma vie que je manifeste, car dire non à cette réforme c’est d’intérêt national et communal. Le maire c’est le régulateur de la démocratie de proximité. Il faut mettre un coup d’arrêt au processus de retrait des compétences communales à l’œuvre depuis une dizaine d’année »
Jean-Marc Coppola élu régional, tête de liste du Front de Gauche : « Nous exigeons un référendum sur la réforme tant la démocratie est une question cruciale. Puisque N. Sarkozy s’y refuse, les prochaines élections seront l’occasion pour les Français de dire fermement non à cette casse des institutions républicaines porteuse d’un projet de société régressif, avant que le rouleau compresseur de la droite n’emporte la démocratie locale sur son passage »
PROPOS RECUEILLIS PAR L.P.


