L’espoir avec le Front de gauche
25 janvier 2010
Les élections régionales ne sauraient se transformer uniquement en un référendum anti-Sarkozy : il doit aussi devenir un vote d’alternatives à long terme. Le score du Front de gauche peut ainsi modifier la nature même du débat à gauche. Face à la France telle qu’elle est, confrontée à la plus formidable rage de destruction sociale depuis la Libération, la reconquête est autant politique que philosophique…Le projet sarkozyste entraîne en effet le pays vers un nouveau degré d’ensauvagement, mélange névrotique entre libéralisme économique et idéologie néo-réactionnaire.
Plus rien ne vient d’ailleurs masquer la nature profonde du régime. Tous les discours du chef de l’État, sur-gonflés de références à la « nation », versent dans une autosatisfaction grotesque – l’ultime repère des menteurs. « Notre pays va dans la bonne direction et recueillera bientôt le fruit de ses efforts », vient-il de marteler, ajoutant une référence qui laisse peu de place au doute : « Je crois au travail et je crois à la famille. » On le voit, le néonationalisme à l’œuvre frise l’hystérie ultra-droitière. La France s’en sortirait mieux que ses voisins ? Chacun connaît la réalité, souvent jusque dans 
sa chair. Tandis que la Bourse a gagné 22 % en six mois, près de 700 000 emplois ont été détruits en un an ! 
Le taux de chômage officiel est au même niveau que 
la moyenne de la zone euro, sans parler de la masse 
des salariés précarisés, les exclus des statistiques… L’exacte photographie de la France ne ressemble décidément en rien au conte narré par Sarkozy et nous sommes légitimes à accueillir avec colère le roman d’anticipation qu’il ânonne quotidiennement.
Au fond, ce n’est pas une simple « sortie de crise » qu’il convient d’imaginer, mais bien un changement de société qui refonderait un vivre-ensemble tout en élevant notre ambition collective. En cette période de guerre sociale – pourquoi avoir peur de l’expression ? –, nous connaissons l’écueil majeur à éviter. Que la résistance à tout, qui reste une ardente nécessité même si elle est parfois déçue, n’alimente une forme de désenchantement. Rien de pire que la peur amputée 
de l’espoir. En ce domaine, la responsabilité du Front 
de gauche pour réinstaller de l’espérance crédible s’avère immense. Qui que nous soyons, drapés de différences, l’ici-maintenant nous oblige au rassemblement de tous ceux qui veulent vraiment que la gauche change en bousculant l’hégémonie du PS.
Devant l’urgence, il n’est pas candide de dire que ce qui nous réunit doit être plus essentiel que ce qui pourrait nous diviser. C’est juste une question d’exigence intellectuelle et d’implication avec 
le mouvement social. Travailler au tout-commun, 
pour imposer un nouveau rapport de forces à gauche.


