Dock des Suds, Marseille. Discours de Jean Marc COPPOLA lors du meeting de Marseille du 19 janvier 2010. Tête de liste de la région PACA.


25 janvier 2010

Jean-Marc COPPOLAChers amis, chers camarades,

Vous me voyez heureux de lancer le Front de gauche dans la bataille des Régionales !

Enfin, nous entrons dans la phase active de cette campagne qui n’attendait que nous, pour rehausser le débat, pour poser les vrais enjeux de ce scrutin, pour avancer des propositions transformatrices.

Le 14 mars, le bulletin de vote en faveur de nos listes sera à usage et utilité multiples :

l’ancrage et le renforcement de la gauche en PACA, le rejet global de la politique de la droite et le début de la construction de l’alternative dans le pays C’est le triple effet Front de gauche.

Et ne comptez pas sur moi, ni sur le Front de gauche, pour critiquer tous azimuts le bilan de la majorité régionale.

Je ne mêlerai pas ma voix à celles qui inventent des aides par millions octroyés à des grands groupes privés ou un prétendu favoritisme à l’égard des lycées privés. Ceci est pure démagogie !

Nous n’avons pas d’autres ennemis à gauche que la résignation et la passivité.

Ces 12 années d’expérience de gestion est d’ailleurs ce qui nous permet aujourd’hui de faire une série de propositions novatrices, crédibles et applicables.

Oui, nous savons ce qui est réalisable, ici et dès le 22 mars, comme nous savons ce que la présidence de la Région n’a pas eu l’audace de mettre en œuvre, pendant 2 mandats.

Nos propositions ne sortent pas de nulle part. Elles ne sont pas une surenchère. Elles sont des mesures construites, dans le champ des possibles, pour une politique de rupture avec le libéralisme ou ce qui revient à son accompagnement.

Elles sont des mesures utiles qui, dès leur application, amélioreront les conditions de vie de nos concitoyennes et concitoyens.

C’est, en tous cas, comme cela que nous concevons la politique C’est aussi un combat éthique, un combat de société.

Avant de développer le projet porté par les hommes et les femmes qui animent le Front de Gauche, je voudrais que nous ayons ensemble une pensée solidaire à l’égard du peuple haïtien.

La solidarité s’organise, c’est bien sûr quelque chose de positif. Mais elle ne doit pas s’arrêter aux pansements des plaies.

Les pays riches, l’Europe, la France ont des devoirs à l’égard des pays comme Haïti, où n’ont pas disparu les stigmates du colonialisme.

Et je pose la question : « Pourquoi ne pas envoyer à Haïti, nos soldats sacrifiés en Afghanistan, dans un combat guerrier qui ne correspond pas à nos valeurs ? »

Ils y accompliraient une tâche noble et utile, celle de porter secours à la population haïtienne.

Bien sûr, cela n’a pas traversé l’esprit de Monsieur Mariani, l’envoyé spécial de Sarkozy en Afghanistan mais qui, lui, ne prend aucun risque. La communauté internationale et ses institutions financières doivent immédiatement annuler la dette d’Haïti et de tous les pays en voie de développement.

Ainsi pour l’avenir et dans le cadre régional, je propose que nous élaborions une charte de la coopération décentralisée.

Notre identité régionale, c’est l’ouverture et la solidarité avec les peuples et les territoires du monde en général et de l’espace méditerranéen en particulier.

Et dans cet espace, je pense prioritairement à ceux dont l’existence est reniée, les droits bafoués. Je pense au Proche-Orient et à nos frères palestiniens en coopérant plus activement que nous le faisons.

Il s’agira donc d’associer tous les partenaires dans un dispositif permanent Ce dispositif reste à inventer afin d’inscrire notre action internationale dans une visée qui refuse la démarche sécuritaire et ultralibérale de l’UPM version méditerranéenne de l’UMP de Nicolas Sarkozy.

J’en profite pour dire publiquement au Président de la République qui nous a parlé de fraternité, qu’il devrait mettre en acte son engagement à libérer les Français prisonniers à l’étranger, précisément concernant notre jeune compatriote franco-palestinien SALAH HAMOURI enfermé dans les geôles en Israël alors qu’il est INNOCENT

*****

Plus près de nous et dans un autre domaine.

On assiste depuis quelques mois à l’exaspération grandissante des usagers des TER, dans notre région où les retards, suppressions de trains et déconvenues techniques, sont quotidiens.

Cette exaspération je la partage et, je suis bien placé pour vous dire qu’elle affecte et met même mal à l’aise les cheminots qui se passeraient bien d’une telle publicité.

Je le répète, ces perturbations me mettent en colère, car je connais la conscience professionnelle des cheminots et leur attachement au Service Public.

Et cette colère monte encore plus quand j’entends les mensonges de Monsieur Mariani qui tente de mettre sur le dos de la Région les carences d’un service public national, qu’il a lui-même accentuées en votant, en tant que député, toutes les coupes budgétaires et suppressions de poste de cheminots (- 22 000 à l’échelle nationale en cinq ans).

Sur notre seule Région, c’est 1 poste de cheminot sur 3 qui est passé à la trappe depuis 2002, l’année d’arrivée de la droite au gouvernement.

Certes, on voit bien le candidat de l’UMP s’agiter dans une sorte de visite accélérée pour connaître en quelques jours la Région, les dossiers phares et les préoccupations des habitants…

Mais quand il enfile le costume de soutien des usagers qui galèrent…on dirait un pompier pyromane…

…car depuis quand, la droite s’intéressent aux transports publics ?

Remettons les choses au clair : 250 TER circulaient chaque jour sous Gaudin, aujourd’hui ce sont 720 TER quotidiens grâce à la volonté politique de la gauche, des communistes et de leur vice-président aux transports Gérard Piel, tête de liste du Front de gauche dans les Alpes-Maritimes. C’est donc bien la direction de la SNCF, télécommandée par le gouvernement, qui accentue la dégradation de la qualité du service public ferroviaire.

Et s’il y avait un lien entre cette situation et l’ouverture des TER à la concurrence souhaitée par la droite ?

N’est ce pas le même scénario qui a été à l’œuvre pour préparer les usagers avant la privatisation de la Poste ?

De la même manière, qui remet 300 000 camions sur les routes de la Région en fermant les gares fret de Miramas et d’Avignon ? C’est encore une fois le gouvernement UMP, Sarkozy en tête et Mariani en VRP de sa politique dans la Région.

Il est donc indispensable que la Région aille plus loin dans sa politique des transports en amplifiant la réouverture de lignes, l’augmentation des infrastructures, pour faire circuler encore plus de trains.

Il est d’ailleurs scandaleux, qu’avec le Grenelle de l’environnement, le dernier rapport de la Cour des comptes puisse mentionner, je cite :

« Mieux vaut un car plein, qu’un train aux trois quarts vide ». J’invite la même Cour des Comptes à faire un rapport sur le coût de la voiture en France, qui avoisine les 200 Milliards d’euros par an, si on compte l’achat, l’entretien, le coût des routes, l’administration de la circulation, les accidents, la pollution et le réchauffement climatique. De quoi avoir un beau réseau ferré !

Je vous le dis, mes amis, un saut civilisationnel est nécessaire et il doit s’appuyer sur des choix économiques, sociaux et environnementaux qui rompent avec les orientations du gouvernement.

Voilà pourquoi le Front de gauche propose la gratuité des TER dans toute la région.

Cette mesure répond à l’urgence d’une augmentation du pouvoir d’achat, d’une plus juste répartition des richesses, d’une haute qualité de vie et, bien sûr, à l’urgence climatique et écologique.

Je sais que cette proposition fait débat, mais c’est le but, car la gratuité répond aussi à l’exigence d’une réappropriation citoyenne des services publics que sont les transports.

Elle permet de se poser la question des mesures concrètes à proposer pour dépasser le capitalisme, pour ne plus renoncer, pour relever la tête afin d’exiger une juste répartition des richesses. Car, comme c’est le cas pour l’Education nationale et la Sécurité sociale, cette gratuité nécessite des financements.

Là aussi, nous innovons en proposant le doublement du versement transport pour les entreprises de plus de 9 salariés, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans notre Région.

Nous proposons une contribution des grandes surfaces commerciales et des promoteurs immobiliers, l’utilisation d’une partie de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), et enfin la régionalisation des recettes des amendes des radars.

Toujours dans le domaine des transports, je propose d’installer un Conseil décisionnel Région-SNCF-RFF-Syndicats-Associations d’usagers, pour gérer le bonus/malus avec des pénalités dynamiques allant à l’emploi, au matériel et aux infrastructures.

Concrètement, si je prends le malus appliqué à la SNCF en 2009, c’est une enveloppe de 12 M€ qui serait affectée directement à la qualité service. Je propose également qu’un bonus / malus soit appliqué à Réseau Ferré de France qui est propriétaire des voies, percepteur abusif des péages et parfois responsable de retards et suppressions de trains.

Mais pour la réussite de ce projet, nous devons exiger de l’Etat des investissements plus importants et un engagement plus fort de la SNCF. Concernant les marchandises, là, le Front de gauche veut marquer la rupture avec la politique inconséquente du gouvernement qui dit lutter contre les gaz à effet de serre et met plus de 2 millions de poids-lourds supplémentaires sur les routes.

En favorisant les ports, le rail, et les voies navigables, nous pouvons interdire le transit des camions dans notre Région, ce serait bien plus efficace que de limiter la vitesse des autos en été, comme le fait chaque année le Préfet.

C’est réalisable par un véritable plan de transport des marchandises quand on sait que les autoroutes de la mer n’absorbent que 5 % du trafic fret par exemple entre le Maroc et Marseille via l’Espagne. Nous sommes plus que jamais devant des choix simples, mais courageux à faire à l’échelle régionale, comme à l’échelle de la planète. Nous faisons le choix de l’écologie et non du capitalisme. Car les deux sont incompatibles.

Nous faisons le choix de l’épanouissement humain et non du capitalisme. Car les deux sont incompatibles.

Nous faisons le choix d’un nouveau mode de développement, d’une juste répartition des richesses, d’un progrès socialement émancipateur et technologiquement propre et non du capitalisme. Car les deux termes sont incompatibles.

C’est pourquoi nous proposons le développement des énergies renouvelables (panneaux solaires et photovoltaïques pour multiplier l’installation de chauffe-eau solaires).

Enfin, nous proposons d’étudier dès aujourd’hui l’enfouissement d’une ligne à Très Haute Tension, le long de la future LGV PACA entre Marseille et Nice pour approvisionner notre Région qui ne produit que la moitié de l’électricité consommée.

C’est indispensable pour une politique industrielle dynamique, qui ne soit pas réduite qu’au tourisme.

Et puisque le secrétaire d’Etat à l’industrie amuse la galerie avec ses Assises, je ne vais pas attendre ses conclusions pour vous dire, qu’au regard de la crise globale dont nous ne sommes pas sortis, si nous voulons stopper l’hémorragie d’emplois, si nous voulons vraiment éradiquer le chômage, la précarité, la pauvreté qui touche même des travailleurs, alors il faut prendre des mesures concrètes en matière d’économie et de finances.

*****

Chers amis, chers camarades, martelons autour de nous que ce sont les banques qui ont les clés du financement de l’économie et non les collectivités territoriales.

Je ne vais donc pas créer d’illusions en proposant le financement de l’emploi par la seule Région.

Certes, elle y contribue par la formation, l’apprentissage et par des dispositifs d’accompagnement…

Mais il faut surtout qu’elle joue un rôle incitateur, par la mise en place d’un fonds régional pour la création d’entreprises, la sauvegarde, le soutien et le développement de l’emploi.

Ce fonds sera une sorte de banque régionale pour un nouveau mode de développement social et écologique.

Ce fonds, créé en partenariat avec la Caisse des dépôts et les banques mutualistes, aura pour vocation de favoriser des crédits à taux bonifiés, aux entreprises respectant les normes sociales et écologiques et créant sur cette base des emplois.

La 1ère action sera donc de réunir les banques et de les inviter à jouer leur rôle : soutenir les projets économiques et l’emploi Est-ce utopique ? Réfléchissons un instant.

D’où provient l’argent dont se servent les banques pour spéculer ? C’est bien en majeure partie, l’argent de nos salaires, pensions et retraites !

Et nous n’aurions aucun droit de regard sur l’utilisation de ces sommes ? Oui nous voulons créer les conditions d’une intervention plus active des citoyens – usagers de ces banques.

Avec ce fonds, nous mettrons les organismes bancaires au pied du mur Déjà en soutenant prioritairement l’économie sociale, alternative à l’économie capitaliste.

L’économie sociale est une économie d’avenir, car elle est redistributive. Avec cette conception, il n’y aurait pas eu de crise financière. Les clients sont des sociétaires, actionnaires représentés aux CA où chaque voix compte pour une.

Les bénéfices ne vont pas à la spéculation financière, ils sont réinvestis pour le développement sur des critères sociaux et écologiques. Cette économie s’inscrit pleinement dans le développement durable, car elle n’est pas délocalisable.

En PACA, l’économie sociale représente 150.000 emplois, l’objectif que nous nous fixons est de doubler ces emplois dans les quatre ans à venir. Parallèlement nous proposons de créer un statut « Région actionnaire public » pour permettre à la Région de siéger aux CA des entreprises lourdement aidées par la Région afin de contrôler leur gestion et d’empêcher les délocalisations et les plans sociaux.

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Processus de privatisation de la Poste, menaces sur l’hôpital public, esprit concurrentiel à l’Université... Nos services publics n’ont jamais été aussi proches de l’éclatement. D’ailleurs, je serai au côté des manifestants, le 21 janvier à Marseille, pour la journée d’action nationale de la fonction publique.

Et je vous invite à nous rejoindre, en cette date symbolique de la Révolution française, pour couper la tête aux fossoyeurs des Services publics.

La Région ne doit pas rester passive devant ce tronçonnage des piliers de la République.

Elle doit davantage s’engager, être la cellule de veille et d’alerte, le PC sécurité de l’égalité d’accès à ces services.

Pour dépasser les vœux, nous mettrons en place une charte et un observatoire des services publics dont l’avenir est à mettre sous protection et intervention citoyennes.

La course au profit n’épargne aucun bien. La bataille de l’eau est un des grands enjeux du nouveau siècle. C’est pourquoi nous créerons une maison publique de l’eau pour aider au retour de sa gestion en régies municipales directes et le passage en gestion publique de ce bien commun de l’humanité.

L’augmentation du chômage, plus élevé dans notre Région que la moyenne nationale, la sortie du parcours scolaire de nombreux jeunes sans diplôme ni formation exige des pouvoirs publics des actes forts.

A droite, on préfère se répandre dans les médias pour parler de la burqa, certes dégradante et attentatoire à l’intégrité de la femme, portée par quelques centaines d’entre elles en France.

Mais pendant ce temps, rien, pas de loi, pas de commission parlementaire pour sortir du chômage, de la précarité ou de la pauvreté, les dix millions de personnes qui en sont victimes dans notre pays.

Le Front de gauche propose la mise en place d’un véritable service public de la Formation Professionnelle.

Il s’agit de favoriser les structures publiques, associatives, d’éducation populaire, d’économie sociale et solidaire pour mettre en œuvre son plan de formation et sortir de la logique d’appel d’offres. Ce service agira en priorité en direction des jeunes précaires.

Avec l’emploi et la formation, le logement est un des principaux facteurs de bien-être et de dignité.

L’Etat incite à la vente du parc locatif social, vide de son sens et rend inapplicable le droit au logement.

Dans les centre-ville trop populaires au goût de la droite et du secteur marchand, il tente de chasser ces classes populaires.

A nos portes, des travailleurs dorment dans leur voiture car ils n’ont plus les moyens de payer un loyer.

A quelques pas d’ici, des personnes meurent dans l’incendie ou l’explosion de leur appartement, parce qu’ils vivent dans des taudis. Il n’y a pas de fatalité à cela !

La gauche, une vraie gauche doit prendre le problème du mal-logement à bras le corps. Les moyens, au niveau régional, existent.

Ils ont été sous-utilisés. Nous développerons l’Etablissement public foncier régional, pour lui permettre de jouer son droit de préemption afin de lutter contre la spéculation foncière.

Nous faciliterons l’acquisition de terrain pour construire du logement social ainsi que l’accession à la propriété des familles modestes.

Le chômage, les difficultés d’accéder à un logement, à l’autonomie, les revenus faibles, les discriminations sont des obstacles fréquents lorsqu’on est jeune.

Faisons donc de la jeunesse notre priorité en lui ouvrant des pouvoirs et des droits nouveaux. Et commençons par en faire des citoyens acteurs de la démocratie.

Pour aller plus loin que ce qui a déjà été fait, nous proposons de donner au conseil régional des jeunes - que j’ai eu l’honneur de mettre en place en 1999 - une représentativité plus large et surtout des pouvoirs de propositions et de contrôle des politiques régionales quasi réglementaire, même si la loi ne le prévoit pas, avec à sa disposition un budget participatif pour mener à bien des projets d’envergure. D’autres mesures peuvent être développées en termes éducatif, d’insertion professionnelle, de transport, de culture, de sport ou de vie associative.

*****

Autre chapitre : la démocratie participative.

C’est une notion qui est dans toutes les bouches mais qui reste souvent couchée sur un tract. Elle ne peut se résumer à des forums ou des assises quand on voit avec quel mépris est menée la politique au sens noble du terme, dans notre pays.

Le Front de gauche fait de la démocratie active et de proximité, le socle de sa conception de la société. Des dispositifs citoyens permanents d’élaboration, d’évaluation et de contrôle des politiques régionales bénéficiant de budget participatif seront mis en place.

A titre d’exemple, nous créerons, en partenariat avec les acteurs concernés :

une conférence régionale de l’art et de l’action culturelle, des Etats régionaux de l’action éducative et de la formation professionnelle,

une conférence régionale de la vie associative, une conférence régionale de la recherche...

Les travaux de ces rencontres ne resteront pas dans les archives du Conseil régional, ils seront, dans la mesure du possible et du respect de l’intérêt général, décisionnaires. Les comités de ligne TER seront dotés également de pouvoirs nouveaux en lien avec la nouvelle politique que nous proposons.

Enfin la commission de contrôle des fonds publics, obtenue par les communistes mais peu activée par la présidence de la Région, sera régulièrement réunie et se mettra enfin et concrètement au travail. Et puisque j’ai évoqué les politiques culturelles, je m’arrête un instant sur le dossier Marseille Provence capitale européenne de la culture en 2013. Cet événement majeur doit être l’affaire de toute la région, de tous ses territoires, de tous ses acteurs culturels et surtout une grande affaire populaire et citoyenne qui ne bénéficie pas uniquement à la finance, au commerce ou au clan de l’élitisme.

Le travail entrepris dans ce sens par le vice-président de la Région délégué à la culture, Alain Hayot, est remarquable.

Cela tombe bien, il est candidat du Front de gauche, et pourra aller encore plus loin dans le soutien à la création, à la diffusion de l’art et la démocratisation de l’accès à la culture.

« La seule approche constructive de l’art ne peut s’obtenir qu’en créant une démocratie culturelle où les talents s’inscrivent au cÅ“ur des projets et deviennent de vrais moteurs de cette dynamique », dit mon ami Richard Martin, directeur du théâtre Toursky.

Je salue ici son combat, non pas pour un théâtre et son théâtre, mais pour une cause collective portée par des principes universels qui sont aussi ceux du Front de gauche.

Je reviens à la démocratie. Il n’y a pas de véritable démocratie de proximité sans l’engagement des citoyens que nombreux placent dans le mouvement associatif.

Nous continuerons de le soutenir et le développer en remettant toutefois à plat le système des subventions. Elles seront attribuées à partir de critères d’utilité sociale définis par des conventions d’objectifs. Enfin, les menaces qui pèsent sur ce vivier exigent de revoir également la philosophie même du soutien de la collectivité.

Les associations ne doivent pas être à la disposition de l’institution mais de la population.

Elles ne sont pas qu’un service, elles sont un outil de l’éducation populaire et de l’émancipation humaine.

C’est pourquoi j’estime qu’elles doivent être aidées non pas uniquement en fonction d’un projet mais bel et bien de leur objet, comme c’était encore le cas il y a quelques années.

C’est ce principe qui a permis le développement d’un tissu humain aujourd’hui indispensable.

Je ne peux pas vous parler en détail de toutes les propositions que le Front de gauche met en débat mais j’aimerais en évoquer une dernière, en écho aux inquiétudes du monde rural et agricole, des artisans et des industriels qui prônent un développement social durable.

Ces activités précieuses pour l’économie régionale sont complètement asphyxiées par les logiques libérales.

Nous proposons un label « Provence Méditerranée » Ce label favorisera la distribution des produits agricoles et industriels régionaux, en particulier en développant les circuits courts pour les produits agroalimentaires et plus largement en accompagnant la commercialisation de notre production.

C’est aussi une réponse à la préoccupation d’une alimentation saine. Toutes ces propositions verront le jour en fonction de l’ancrage à gauche de notre Région, qui sera proportionnel au nombre de conseillers régionaux du Front de gauche que nos concitoyens auront élus.

Pour reprendre l’image utilisée par mon ami Dominique Bucchini, candidat en Corse, nous avons fait le choix de ne pas être sur le porte-bagage de Michel Vauzelle au premier tour car nous voulons une émulation à gauche. Pour que la gauche gagne sur des contenus en rupture avec le libéralisme Pour que la gauche gagne sans dopage foudroyant comme peut l’être le MoDem.

Pour que la gauche retrouve ses couleurs, ses valeurs, son courage et affronte le capitalisme pour le dépasser. Faisons de ces élections régionales un référendum sur la politique du gouvernement.

A mi-mandat de Nicolas Sarkozy, c’est l’occasion parfaite pour un « stop ou encore » grandeur nature.

Le bulletin du Front de gauche peut servir de carton rouge sous forme de tir groupé.

Non à la casse des services publics, à la marchandisation de la santé, de l’école, de la culture, de la formation, de l’accompagnement vers l’emploi. Voter Front de gauche, c’est dire non au retour à l’ancien régime que prône la réforme des collectivités territoriales.

C’est dire non à l’asphyxie des communes qui, avec la suppression de la taxe professionnelle, ne pourront plus assumer leur rôle de cellule souche de la démocratie et des services publics de proximité.

C’est aussi désobéir à cette société que l’on veut nous imposer. Cette société où il faut briller et doubler l’autre pour se sentir utile et réussir. Ce monde où les richesses s’accumulent mais sont orientées vers quelques poches déjà bien fournies.

Cette France de Sarkozy où l’on fabrique une identité nationale comme on jette des boules puantes au nez de la République.

Je le répète ici, au Dock, dans ce lieu de brassage et de métissage culturel. Ce faux débat doit immédiatement et définitivement s’arrêter. Je sais que Monsieur Gaudin n’est pas stupide à ce point et que ses amalgames lepénistes ne sont pas innocents.

Le danger de cette campagne de Sarkozy et Besson n’est pas seulement qu’elle génère des dérapages mais bien qu’elle organise les provocations Relevons la tête face à cette droite donneuse de leçons de démocratie, d’écologie, d’humanisme, de progrès social mais qui n’a visiblement pas ouvert de dictionnaire depuis longtemps pour se remémorer le sens des mots.

Vous l’aurez compris, le projet que nous voulons mener le plus loin possible dans les urnes et dans l’exécutif régional n’est pas qu’un programme pour un territoire donné.

Il est une contribution, une pierre à l’édifice de l’alternative que nous dessinons pour un futur proche, qui pourrait commencer en 2012. J’entends les ambitions ici ou là chez nos partenaires de gauche. Les uns veulent passer devant tel parti, d’autres veulent rafler les 22 régions. Très bien, mais pourquoi faire ?

A quoi sert de régner de son fauteuil de président sur 22 régions si c’est pour ne pas choisir d’organiser et d’activer un vrai contre-pouvoir, comme ce fut le cas pendant les six dernières années ? A quoi servirait-il, de la même manière, que la gauche gouverne à nouveau le pays, si elle n’abroge pas les lois régressives votées depuis 2002 ?

Je l’affirme ici : pour que la gauche gagne en 2012, elle devra revenir sur le changement de statut de la Poste, la privatisation d’EDF-GDF, sur la suppression des postes dans l’Education nationale et l’ensemble des SP comme sur le non remplacement d’un départ à la retraite sur 2 Elle devra revenir vers des soins remboursés à 100% par la Sécurité sociale.

Elle devra augmenter considérablement les salaires, retraites, pensions et développer une politique de l’emploi sur la base du CDI Elle devra s’opposer fermement à la prochaine réforme sur la retraite en montrant que les financements existent pour renforcer un système solidaire et durable.

Elle devra poursuivre la réduction du temps de travail, en ayant l’audace d’aller vers les 32 heures de travail hebdomadaire, par exemple. Elle devra mettre à plat toute la fiscalité, pour que l’impôt redevienne juste, c’est-à-dire un véritable redistributeur des richesses créées. Le Front de gauche a été un des rares messages positifs des élections européennes Il peut être la bonne surprise du 14 mars prochain Il doit être le VOTE UTILE POUR LES CONTENUS.

Alors chers amis, chers camarades, mettons en débat partout ces propositions pour les affiner, les enrichir, dans une grande tournée régionale.

Soyons tous des militants-candidats qui incarnent le Front du courage Le vote pour nos listes sera le vote de « l’antisarkozysme utile », c’est-à-dire une sanction qui se transforme en action. Ce sera la campagne la plus efficace pour gagner l’idée que la Région est vraiment UTILE et peut répondre aux attentes de nos concitoyens.

Ils attendent un espoir.

Le Front de gauche peut contribuer à y répondre.


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