Carton rouge en mars


5 février 2010

Puisqu’ils refusent d’organiser un référendum populaire sur la réforme des collectivités locales, les élections régionales offrent une occasion unique pour porter un coup d’arrêt à ce projet de régression démocratique. Un projet dont il est urgent de mesurer la portée pour la déconstruction d’une certaine conception de la République.

Pour le citoyen pris dans l’étau de la montée du chômage, de la précarité, des fins de mois difficiles, il n’est pas aisé de faire le lien entre la crise économique et sociale et cette recentralisation qui ne veut pas dire son nom. Il est pourtant indéniable.

Suppression de la taxe professionnelle ? Elle sera synonyme de transfert de fiscalité des entreprises vers les ménages. Réduction de l’autonomie fiscale des régions ? Elle se traduira par un affaiblissement budgétaire et donc par une limitation des projets au service des populations. Interdiction pour les régions d’intervenir en dehors de leurs compétences légales ? Elle imposera aux élus régionaux de ne pas conduire les politiques pour lesquelles ils ont été mandatés par le suffrage universel. Disparition des conseillers régionaux au profit des conseillers territoriaux ? Elle éloignera les citoyens de leurs représentants et des centres de décisions et annoncera, à terme, la disparition des conseils régionaux et généraux.

Rarement réforme aura été aussi nocive pour le quotidien du plus grand nombre. Les 14 et 21 mars prochains, les électeurs auront la possibilité de sortir leur carton rouge.

Christian Digne La Marseillaise du 04-02-2010


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